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Le Jour de deuil : Pour rendre hommage aux travailleurs qui ont perdu la vie ou subi une blessure au travail
Le 22 septembre 1971, Pauline Farrell a mis la table pour deux avant d’aller se coucher, comme elle le faisait toujours. Son mari, Bill Kelly, était censé rentrer à la maison pour prendre le déjeuner après sa nuit de travail chez Énergie NB.
Tragiquement, on a réveillé Mme Farrell à 3 h 50 pour lui annoncer la nouvelle que son mari avait été tué dans une explosion survenue au travail. « Le prêtre est venu me dire ce qui s’était passé. Lorsqu’il a vu que la table avait été préparée pour deux personnes, ses yeux se sont remplis de larmes », a expliqué Mme Farrell. « J’étais enceinte de presque six mois à l’époque. Tout s’est écroulé lorsque j’ai appris que Bill était décédé. »
Le 28 avril, Mme Farrell assistera à la cérémonie du Jour de deuil qui se déroulera dans sa région de Moncton. Elle précise qu’elle participe à l’activité chaque année pour rendre hommage à son mari décédé. Sa fille, qui n’a jamais rencontré son père, assiste à la cérémonie à Saint John.
« Il s’agit d’une activité importante à laquelle tous les Néo-Brunswickois devraient prendre part », a affirmé Mme Farrell. « Nous devons nous réunir en tant que collectivité afin d’honorer la mémoire de tous les travailleurs qui ont perdu la vie, tout comme nous le faisons pour nos anciens combattants le jour du Souvenir. »
Le Jour de deuil est une activité annuelle que le mouvement ouvrier a initiée en 1984 afin d’attirer l’attention sur les tragédies qui surviennent aux lieux de travail et d’améliorer les normes qui portent sur la sécurité au travail. Le 28 avril a été choisi parce qu’il s’agit de la date à laquelle on a adopté en troisième lecture la première loi canadienne importante en matière d’indemnisation des travailleurs et travailleuses (Ontario, 1914).
« Je crois qu’il est important de marquer la mort de ces travailleurs car cela nous permet d’exprimer notre chagrin pour la peine et la souffrance des victimes, de leur famille, de leurs amis et de leurs collègues. Cela nous rappelle également que le travail que nous faisons afin d’améliorer la santé et la sécurité au travail est loin d’être fini », a expliqué la présidente du conseil d’administration de Travail sécuritaire NB, Roberta Dugas. « Voilà également l’occasion pour nous d’être solidaires, de nous engager à tirer des leçons de ces tragédies et de travailler plus fort afin de réduire le nombre d’accidents du travail. »
L’an dernier, 11 000 Néo-Brunswickois ont subi une blessure au travail et dix y ont perdu la vie. Mme Farrell explique que chaque accident mortel lui rappelle de mauvais souvenirs. « Même après 39 ans, j’ai le cœur lourd. Je pense à Bill tous les jours. J’ai tellement de choses à partager avec lui. Je ne peux même pas commencer à exprimer la tristesse que son décès m’a causé, ainsi que l’effet qu’il a eu sur sa fille, sa famille et ses collègues. »
Il n’y a pas que les accidents mortels qui ont un effet sur des vies, mais tous les accidents du travail. Yves O’Brien n’avait que 14 ans lorsqu’il a subi des brûlures graves en travaillant au garage de son père. La combinaison d’échappement de moteurs diesel et d’un appareil de chauffage au bois a créé une bombe qui a projeté M. O’Brien au sol, et il a pris feu. Son père l’a pris et l’a jeté dehors dans la neige afin d’éteindre l’incendie. Les blessures ont eu un effet physique sur M. O’Brien, mais l’accident a eu des répercussions sur toute la famille.
« J’étais à l’hôpital pendant trois mois et j’ai dû subir 22 opérations afin de me remettre de mes blessures », a-t-il expliqué. « C’était difficile sur le plan émotionnel. Mon père se tenait responsable, mais je sais que c’est grâce à lui que je suis ici. J’en suis tellement reconnaissant. »
M. O’Brien indique qu’il espère que le Jour de deuil sensibilisera davantage les gens et offrira une éducation qui aidera à prévenir les blessures subies au travail.
Travail sécuritaire NB vous invite tous à trouver une façon spéciale de marquer ce jour important. Vous pouvez entre autres observer un moment de silence ou mettre les drapeaux en berne à votre lieu de travail, ou participer à une cérémonie commémorative.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les activités organisées dans le cadre du Jour de deuil, veuillez cliquer ici.
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